
En vertu de cette nouvelle réglementation européenne, voyager avec des chiens et des chats au sein de l'Union européenne ne se résumera plus à la simple présentation d'un carnet de vaccination . Les carnets de vaccination traditionnels ne serviront plus de documents de voyage, et un système d'identification et de contrôle beaucoup plus strict, conçu spécifiquement pour la circulation des animaux de compagnie, sera mis en place.
La Commission européenne a approuvé un règlement délégué complétant le règlement (UE) 2016/429 relatif à la santé animale, qui modifie en profondeur les règles applicables aux mouvements non commerciaux d'animaux de compagnie. Son principal objectif est de lutter contre le trafic illicite d'animaux, d'améliorer la traçabilité et de réduire les risques sanitaires pour les animaux et les personnes.
Un nouveau scénario : le passeport européen obligatoire pour animaux de compagnie
Le nouveau cadre réglementaire prévoit qu'à son entrée en vigueur, tous les animaux de compagnie résidant dans l'Union européenne et voyageant au sein de celle-ci devront être munis d'un passeport européen pour animaux de compagnie . Cette mesure concerne directement les chiens, les chats et les furets , mais s'étend également aux oiseaux de compagnie voyageant à des fins non commerciales.
Ce passeport européen pour animaux de compagnie remplacera le carnet de vaccination comme document valable pour le passage des frontières au sein de l'UE. Il ne s'agit pas d'un simple changement de format : c'est un outil conçu pour harmoniser les critères, permettre le suivi de chaque animal dans des bases de données nationales interopérables et garantir l'uniformité des informations dans tous les États membres.
Les autorités de l'UE soulignent que cette mesure s'inscrit dans le cadre de la mise en œuvre du règlement (UE) 2016/429 , qui renforce la santé animale en Europe. Ce nouveau passeport facilitera les contrôles aux frontières, réduira les risques de falsification de documents et permettra de détecter plus facilement les mouvements irréguliers et le trafic illégal de chiots, un des principaux objectifs de ce règlement.
De plus, une limite claire est fixée pour empêcher que les voyages ne soient utilisés comme couverture pour des activités commerciales déguisées : sur les voyages considérés comme non commerciaux, seuls cinq animaux au maximum par voyage peuvent être transportés (dans le cas des chiens, des chats ou des furets), sauf dans des cas très justifiés.
Quelles informations contiendra le passeport européen pour animaux ?
Le passeport ne sera pas un simple morceau de papier avec un tampon. Ce sera un document officiel et standardisé dans toute l'Union européenne, contenant des informations de base, sanitaires et de traçabilité sur l'animal. Parmi les données qu'il devra inclure figurent :
- Identification des animaux: numéro de la puce électronique, espèce, race et sexe.
- Détails du propriétaire: nom et coordonnées de la personne responsable de l'animal.
- Antécédents de vaccinationune attention particulière est portée au vaccin antirabique.
- Traitements antiparasitaires administré, au besoin.
- Coordonnées du vétérinaire qui délivre le passeport et sa signature, en tant que professionnel agréé.
Ce document doit être établi et signé par un vétérinaire agréé afin de garantir l'exactitude et la mise à jour des informations recueillies. Concrètement, cela signifie que de nombreux propriétaires devront prendre rendez-vous chez le vétérinaire pour obtenir le nouveau passeport avant de voyager à l'étranger avec leur animal.
L'utilisation d'un document unique reconnu dans tous les pays membres simplifie également le travail des autorités sanitaires. En cas de contrôle, la simple vérification du passeport et de la puce électronique permettra de vérifier rapidement l'identité, l'origine et l'état sanitaire de l'animal, sans avoir à interpréter différents formats nationaux.
Il convient de noter que le passeport sera particulièrement important pour les voyages internationaux, mais l'identification par micropuce et l'enregistrement dans les bases de données nationales resteront une obligation de base au quotidien , même si l'animal ne quitte jamais le pays.
Conditions requises pour l'obtention d'un passeport européen pour les chiens et les chats
Pour qu'un chien, un chat, un furet ou un oiseau de compagnie obtienne un passeport européen, il ne suffit pas d'en faire la demande : il est indispensable de satisfaire à plusieurs exigences préalables d'identification et de santé . Sans ces documents, le passeport ne sera pas délivré ou ne sera pas valable pour voyager entre les États membres.
La première condition est l'identification par une puce électronique , qui doit être implantée et correctement enregistrée. Ce numéro constituera la base du système, permettant la connexion à des bases de données nationales interopérables qui permettront de localiser et d'identifier l'animal partout dans l'UE.
Deuxièmement, l'animal doit être vacciné contre la rage , maladie à déclaration obligatoire dont la prévention est une priorité en vertu de la réglementation européenne. Le passeport indiquera clairement la date de vaccination, le type de vaccin utilisé et la validité du traitement.
Par ailleurs, la réglementation fixe un âge minimum pour le transport des animaux . Dans le cas des chiens et des chats, ils doivent être âgés d'au moins 12 semaines (certains textes mentionnent trois mois) lors de leur vaccination antirabique. À partir de ce moment, un délai d'attente de 21 jours est obligatoire avant tout déplacement sur le territoire européen.
Ces délais visent à garantir que l'animal possède une immunité antirabique suffisante avant son voyage. Le non-respect de l'âge minimum ou du délai d'attente peut entraîner le refus d'entrée dans le pays de destination , la mise en quarantaine de l'animal, voire son renvoi forcé à son lieu d'origine.
Pré-inscription du voyage et limites relatives aux transports non commerciaux
Outre les documents requis, l'Union européenne instaure également de nouvelles obligations administratives pour les propriétaires d'animaux de compagnie. Pour les voyages considérés comme non commerciaux (vacances, visites familiales, séjours temporaires), il sera obligatoire de pré-enregistrer le voyage de l'animal dans une base de données prévue à cet effet.
Cette pré-inscription doit être effectuée avant le départ et comprendra des informations telles que l'identification de l'animal, le pays de destination, les dates approximatives du voyage et le nom du propriétaire responsable. Cela permettra aux autorités de suivre plus précisément les déplacements des chiens, chats, furets et oiseaux de compagnie au sein de l'UE, facilitant ainsi la détection de comportements suspects ou de risques sanitaires accrus.
Un autre élément clé du système est la limite de cinq animaux par trajet pour les transports non commerciaux . Cette restriction vise à empêcher que des voyages prétendument privés ne servent à dissimuler des activités d'achat et de vente non déclarées, très fréquentes dans le trafic de chiots. Lorsque le nombre d'animaux dépasse ce seuil, le trajet peut être considéré comme commercial et soumis à des exigences beaucoup plus strictes.
Le non-respect des nouvelles exigences peut avoir des conséquences importantes. Voyager sans passeport européen, avec des informations incomplètes ou sans respecter les conditions établies peut entraîner des amendes, un refus d'entrée dans le pays de destination ou la mise en fourrière de l'animal . Dans certains cas, les autorités peuvent ordonner la mise en quarantaine de l'animal pendant la durée nécessaire pour écarter tout risque sanitaire.
Les gouvernements régionaux, comme l'a déjà averti le gouvernement régional valencien, se préparent à contrôler le respect de la réglementation et à lutter contre les infractions éventuelles , notamment en ce qui concerne le trafic illégal et les risques pour la santé publique et animale.
Renforcement des contrôles sanitaires et lutte contre le trafic illicite
L’introduction du passeport européen pour animaux de compagnie n’est pas une mesure isolée, mais s’inscrit dans une stratégie européenne plus large en matière de santé et de bien-être animal . Le règlement (UE) 2016/429, dit règlement relatif à la santé animale, a déjà établi un cadre général pour le contrôle des mouvements d’animaux et la prévention de la propagation des maladies.
Par ce nouveau règlement délégué, la Commission européenne précise et renforce plusieurs aspects relatifs aux animaux de compagnie. Il autorise notamment les autorités à appliquer des contrôles sanitaires supplémentaires lorsqu'elles le jugent nécessaire , par exemple en cas de suspicion de maladies émergentes, d'épidémies dans certains pays ou de risque accru lié à d'importants mouvements d'animaux.
Ces contrôles doivent être fondés sur des risques spécifiques pour la santé animale et peuvent être effectués aussi bien aux frontières qu'à l'intérieur du territoire national. La traçabilité assurée par le passeport, associée à l'interopérabilité des bases de données nationales, facilitera l'identification rapide de la source d'un problème et la mise en œuvre de mesures préventives.
Un autre objectif affiché de la réglementation est de lutter contre le trafic illégal de chiens, de chats et d'autres animaux de compagnie . Le renforcement de l'identification, l'enregistrement préalable des déplacements et l'obligation d'utiliser un document unique dans toute l'UE rendent plus difficile le transport illégal d'animaux ou la présentation de faux documents.
Parallèlement, l'Union européenne plaide pour un contrôle plus strict de l'élevage et de la vente d'animaux de compagnie . Certaines réglementations nationales, conformes à cette approche, interdisent déjà l'exposition et la vente de chiens et de chats en animalerie, afin de prévenir les achats impulsifs et d'encourager l'acquisition d'animaux auprès d'éleveurs agréés et réglementés.
Qu’est-ce que cela signifie pour les familles possédant des chiens et des chats en Espagne ?
Pour ceux qui vivent avec un animal de compagnie, ces changements surviennent à un moment où organiser un voyage avec un animal était déjà une tâche complexe . Il n'est pas toujours facile de trouver des hébergements acceptant les chiens ou les chats, et dans de nombreux cas, les options restent limitées malgré les progrès réalisés ces dernières années.
Avec l'entrée en vigueur de la nouvelle réglementation, les difficultés logistiques habituelles seront amplifiées par une nouvelle étape administrative . Avant de planifier des vacances avec votre animal de compagnie en Europe, vous devrez vérifier s'il est identifié par puce électronique, si sa vaccination antirabique est à jour, s'il remplit les conditions d'âge minimum et, bien sûr, s'il possède déjà un passeport européen pour animaux de compagnie délivré et signé par un vétérinaire agréé.
En Espagne, le micropuçage était déjà obligatoire pour les chiens dans la plupart des communautés autonomes, et pour les chats et les furets dans de nombreuses autres. Cette obligation prend désormais une dimension européenne : les informations doivent être enregistrées dans des bases de données interopérables , permettant ainsi la consultation et l’identification des animaux depuis d’autres pays de l’UE.
Autre changement pratique : l’obligation de pré-enregistrer les déplacements non commerciaux . Cela obligera les propriétaires à planifier leurs voyages avec leurs animaux de compagnie plus longtemps à l’avance et à se familiariser avec les procédures électroniques mises en place par les autorités compétentes.
Toute personne voyageant avec son chien ou son chat sans respecter les nouvelles exigences risque de se voir refuser l'entrée sur le territoire, d'être condamnée à une amende ou d'être placée en quarantaine . Il est donc essentiel de bien planifier son voyage et de prendre connaissance de chaque exigence afin d'éviter toute mauvaise surprise à la frontière ou à l'aéroport.
Globalement, l'UE franchit une nouvelle étape vers un système commun pour le bien-être et la santé des animaux de compagnie, et même si cela peut signifier pour de nombreuses familles plus de paperasse et quelques désagréments, cela renforce également les garanties de sécurité, le contrôle sanitaire et la lutte contre le trafic illégal dans toute l'Europe.


